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21 Dec

Partie 2 : la croissance économique

Publié par L'outrecuidant  - Catégories :  #économie

Partie 2 : la croissance économique

Quelles sont les déterminants de la croissance ?

 

La croissance vient tout d'abord des facteurs de productions c'est à dire le capital, représenté par la lettre K, et le travail, représenté par la lettre L. Ces deux facteurs de productions vont permettre de faire croître la croissance par l'augmentation de la production des biens et services, qui sera représenté par la lettre Y. Donc la production (le PIB) évoluera en fonction du capital et du travail soit : Y = f (K, L) ; Production (PIB) = capital + travail.

 

Cette fonction ci-dessus va nous permettre de comprendre le rôle du progrès technique dans l'augmentation de la croissance.

 

Définition : Le progrès technique est au sens large l'ensemble des innovations qui peuvent améliorer la production en accroissant la productivité.

 

Innovation de produit : Il peut être majeur (un produit qui n'a jamais existé). Elle peut être qu'une amélioration d'un ancien produit.

 

L'innovation de procédés : nouvelles techniques de productions ou organisationnelles (taylorisme, fordisme etc)

 

Le progrès technique (la croissance) a été vue de deux manières : d'une manière exogène (SOLOW et MALINVAUD), et d'une manière endogène (ROMER, LUCAS et BARRO)

Robert SOLOW

Robert SOLOW

Le progrès technique est exogène (SOLOW)

 

Dans les trente dernières années les économistes remarquent que Y (le PIB ou la production) a augmenté plus rapidement que la quantité de capital (K) et de travail (L) investit dans la production ou croissance (Y). Le premier économiste qui a essayé d'expliquer cette différence de croissance entre Y et K,L est Robert SOLOW.

 

Classé dans la catégorie « Keynésien » Solow est à l'origine des théories de la croissance qui met en lumière le rôle déterminant du progrès technique dans ce processus. Il était convaincu qu'une croissance stable était largement possible et est caractérisé par le plein emploi. Mais son principal message est que la croissance est liée à trois facteurs essentiels :

 

1/ l'augmentation du capital lié à l'épargne (K),

 

2/ l'augmentation de la main d’œuvre liée à celle de la population (L),

 

3/ et enfin un facteur exogène jusque là négligé qui est le progrès technique, c'est à dire l'innovation.

 

Ce troisième est pour lui le facteur qui a le plus d'impact sur la croissance économique. Il explique que le progrès technique (l'innovation est souvent calculé en nombre de brevets déposés), peut être atteint en améliorant l'organisation du travail, de l'équipement ou de l'amélioration de la qualité de la main d’œuvre. Solow est donc l'un des premiers économistes à mettre l'accent sur la nécessité absolue de l’État à investir dans ce capital humain, en recherche et développement et en éducation pour stimuler la croissance, la productivité est une affaire d’État (d'où le fait qu'il soit Keynésien).

 

Solow accentue l'idée que le capital et le travail n'explique pas à eux seuls l'augmentation du PIB. Par exemple, entre 1995 et 2000, près de 50% de la croissance américaine est due à l'augmentation du capital et du travail, les 50% restant sont dues au progrès technique. L'Espagne quand à elle sur 2,9% de croissance moyenne sur la même période, est due exclusivement au capital et au travail. Il explique que c'est une « mauvaise croissance » car elle est basée exclusivement sur l'immobilier, le tourisme mais finalement sur aucune innovation. C'est l'une des raisons pour laquelle l'Espagne se retrouve aujourd'hui dans des difficultés économiques avec un ralentissement de sa croissance.

 

Les deux types de croissances

 

Solow distingue la croissance extensive « type Espagnol » qui n'augmente que la QUANTITE des facteurs de productions et la croissance dite intensive « type États-uniennes » qui est essentiellement due par l'augmentation de l’EFFICACITE des facteurs de productions. La productivité globale des facteurs est améliorée par le progrès technique.

 

Ainsi Y = f (K, L, A), A étant le progrès technique.

 

Donc pour Solow le progrès technique est un facteur exogène à la croissance car si l’État n'investit pas, le facteur A ne se développe pas. Maintenant attaquons les théories de la croissance Endogène.

ROMER BARRO LUCAS

ROMER BARRO LUCAS

ROMER, LUCAS et BARRO pour les théories de la croissance Endogène

 

Les théories de la croissance exogène (Malinvaud, Solow...) sont remises en causes dans les années 1980 au moment des débuts des difficultés économiques.

 

Le premier problème du modèle de Solow est de savoir si le progrès technique est totalement exogène. Le 2nd problème est de savoir si le rendement à long terme des facteurs de productions sont décroissants.

 

Les théories de la croissance endogène intègrent des facteurs qui les expliquent, tels que le progrès technique, l'investissement public, les externalités, les rendements croissants, la recherche et la formation.

 

ROMER, LUCAS et BARRO

 

Les théories endogènes partent du principe que la croissance s'auto-entretient (la croissance produit de la croissance). Le progrès technique est par ce fait lui aussi endogène car il est le résultat de l'activité économique c'est à dire le résultat des firmes qui ont besoins de gains de productivités et qui vont donc produire du progrès technique qui a son tour va produire de la croissance etc.

 

Ce progrès technique génère des externalités positives, c'est à dire des effets (voulu ou pas) positifs dans d'autres secteurs de l'activité qui vont aider à améliorer la croissance et finalement aboutir dans un système de croissance constant voir même croissante et non plus décroissante.

 

Trois économistes ont développé la théorie de la croissance endogène

 

ROMER pose les bases de l'accumulation des connaissances. En effet, l'investissement en capital technologique, c'est à dire du capital par exemple informatique qui améliore le capital productif matériel (machine), va produire une accumulation de connaissances, des gains de productivités, qui seront a leur tour incorporés dans le capital technologique plus moderne (etc) et cela dans un processus constant. C'est l'apprentissage par la pratique.

 

LUCAS insiste de son côté sur la capital humain. Il mise principalement sur la formation intensive des salariés qui vont stocker les connaissances, c'est à dire qu'il y aura un processus d'accumulation du capital humain par tous les individus et jouera à la faveur d'une productivité collective efficace. Le salarié s'améliore par la formation, stock du capital humain, une nouvelle technologie apparaît, formation du salarié, hausse de ses connaissances et hausse de sa productivité. Il y aura aussi des externalités positives qui se répandront dans le tissu industriel grâce aux formations que les salariés ont reçu et vont améliorer à nouveau la productivité générale et donc la croissance.

 

BARRO insiste sur le capital public qui a une fonction fondamentale notamment si ce capital est investit dans

 

1/ l'éducation (améliore en même temps le capital humain),

 

2/ dans les infrastructures comme dans les transports qui permet, selon l'expression, de réduire la distance et le temps entre les pôles économiques.

 

3/ la recherche fondamentale, car il ne faut pas toujours attendre que le secteur privé investit dans des recherches longues, coûteuses et parfois peu fructueuses alors que l’État peut le faire au nom de la collectivité. L’État peut intervenir aussi dans les très gros projets économiques comme Air Bus, sans qui, cette entreprise mondiale n'aurait pas vu le jour sans le concours et le soutient de (des) l’État.

 

Pour finir avec le progrès technique, il faut passer par l’immanquable SCHUMPETER

Schumpeter

Schumpeter

Schumpeter prend en compte les facteurs permettant le progrès technique (éducations, formations, infrastructures, recherches fondamentales) mais pense que l'élément qui va pousser au progrès technique est l'entrepreneur. Il est au centre de l'économie.

 

L'entrepreneur recherche le profit et pour atteindre cet objectif il doit investir dans la recherche d'innovation (nouveau produit, amélioration de produit ou organisation du travail plus efficace etc). Son but final est d'atteindre un monopôle temporaire qui lui augmentera ses profits.

 

L'apparition d'un progrès technique va provoquer un choc car il va tout d'abord détruire « l'ancienne innovation » (produit, organisation, entreprise) pour le remplacer par la nouvelle innovation trouvée, c'est ce qu'on appelle la destruction créatrice (ou création destructrice).

 

Le progrès technique est donc un facteur exogène ou endogène important pour la croissance, mais ce n'est pas un facteur qui se diffuse aléatoirement dans le temps. Il y a des cycles qui se forment. SCHUMPETER reprend par exemple les cycles de KONDRATIEV.

 

 

Comment le progrès technique se diffuse-t-il ?

 

Schumpeter reprend les cycles de KONDRATIEV qui traduisent des périodes de croissances et des périodes de récessions longues entre 30 et 50 ans et qu'à chaque expansion économique il y a derrière une grappe d'innovations majeurs c'est à dire qu'une innovation va en entraîner une autre jusqu'à que cette grappe s'épuise. Lorsque que la grappe est consommée, il y a un retournement de tendance avec une zone de dépression jusqu'à la nouvelle grappe d'innovation etc. La dernière grappe d'innovation contemporaine date d'environs les années 90 avec l'informatique, internet, les biotechnologies etc.

Cycle Kondratiev
Cycle Kondratiev

Cycle Kondratiev

Ici nous avons vu que le progrès est l'une des sources essentielles de la productivité du travail. Mais qu'elles sont les autres sources? (Cliquez ici pour la suite)

 

Le centriste

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À propos

Ce blog s'intéresse à l'économie, à l'environnement et aux politiques territoriales