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Ce blog s'intéresse à l'économie, à l'environnement et aux politiques territoriales

20 Dec

François Perroux (1903-1987)

Publié par L'outrecuidant  - Catégories :  #Auteurs de la pensée économique

François Perroux (1903-1987)

Né en 1903 à Lyon, François Perroux est un économiste grandement inspirée par Schumpeter et Hayek. Anti-libéral, humaniste, fortes critiques des inégalités de richesse et de revenu, analyse négative d'une économie où à lieu des affrontements pour la domination, apport important dans l'économie géographique mais surtout, Perroux développe une vision de l'oganisation économique et politique originale qui fait de lui malgré tout un véritable centriste.

 

Lyonnais, il constate que la domination de la vision parisienne détruit le tissu industriel de Lyon. Point de départ d'une vision économique où il dénoncera jusqu'à la fin de sa vie l'effet de domination des plus forts et où il mettra en avant les points négatifs et positifs de la croissance et du progrès, deux notions qui ne va pas, naturellement, l'une sans l'autre.

 

L'économie comme lieu d'affrontement pour le pouvoir et la domination

 

Anti-capitaliste libéral, il a toujours considéré que l'économie devait être au service de l'homme, or il constate que ce premier broie le second. La croissance du capitalisme accroît les inégalités de richesse et de revenu, d'abord au niveau mondial (entre grandes régions du monde) mais plus le capitalisme est poussé à l'extrême et est libéral plus l'échelle territoriale des inégalités se réduit et s'accentue (nationales puis régionales et même communales). Ce système permet aux riches de s'enrichir d'avantage et aux pauvres d'être toujours plus pauvre avec comme conséquence la déshumanisation progressive du monde, l'augmentation du chômage et enfin par une angumentation du nombre de pauvre.

 

L'économie devient un espace où s'affronte les forces qui veulent dominer. Vision centrale de Perroux, il définit cet espace comme une asymétrie d'influence se manifestant entre pays, groupes sociaux, entreprises ou individus. Cet effet peut être non intentionnel, mais la domination peut être exercée aussi en recourant de manière délibérée à la violence. L'idée qu'il faut retenir ici est que cette course à la domination ne crée en aucun cas l'équilibre dans l'économie (comme le disait les libéraux sur l'équilibre naturel des marchés) mais au contraire provoque des changements cumulatifs. En effet, les entreprises qui acquièrent des monopoles temporaires sur les marchés font du profit et obtiennent par conséquent des moyens supplémentaires pour asseoir leur domination.

 

Son apport important dans l'économie géographique

 

François Perroux s'inspire de Schumpeter pour parfaire son analyse de l'économie en expliquant que les relations économiques sont structurées dans des espaces régionaux, nationaux et mondiaux. Précurseur de l'économie géographique développée par Paul Krugman dans la nouvelle géographie économique, il développe l'idée que l'espace géographique peut concentrer un pôle de développement. Il explique que les écarts de développement entre pays ou même entre régions, ne sont pas dus spécifiquement aux politiques économiques d'entraves aux forces du marché (protectionnisme par exemple) mais que la solution est à chercher à la proximité géographique d'entreprises, d'écoles de formations, d'universités, de laboratoires de recherches, qui vont créer une synergie et diffuser des externalités positives dans son environnement proche, transmettant les connaissances et les savoirs. La création de ses pôles économiques moteurs est, pour Perroux, l'un des seuls moyens de rétablir l'équilibre entre les pays ou/et entre les régions.

 

Ainsi en découle l'une des principales critique de François Perroux. Schumpeter expliquait qu'il existait deux sortes de croissance :

 

  • la croissance extensive, c'est à dire qu'on augmente quantitativement les facteurs de production du travail et du capitale à l'image de l'Espagne.

  • La croissance intensive, c'est à dire que l'on va augmenter l'efficacité des facteurs de productions grâce à un autre facteur de production qui est le progrès technique à l'image des Etats-Unis.

 

Les stratégies visant à imposer aux pays les plus pauvres un développement axé uniquement sur le marché et en particulier sur la flexibilisation du travail (facteur de production du travail) sont vouées à l'échec. Ainsi la phrase la plus importante à retenir est la suivante : « le sous-développement n'est pas un retard dans la croissance, mais un effet de la structure de l'économie mondiale ». Hans Rosling a utilisé cette formule lors de ses nombreuses interventions où il critique tout d'abord cette structure économique qui provoque un déséquilibre de développement entre région du monde. Il préconise fortement de rehausser le niveau de vie des populations les plus pauvres en leur transférant des technologies afin de briser le système de dominant-dominé, de leur permettre d'obtenir une énergie quasi-gratuite en développant les ressources renouvelables pour réguler l'augmentation de la population mondiale très contraignante pour préserver un bon niveau de vie de la population mondiale.

 

François Perroux un centriste dans le fond

 

Dans le combat de la droite libérale capitaliste qui prône l'individualisme radical, et le socialisme marxiste, François Perroux se pose au centre en évoquant le personnalisme et le communautarisme qui exerce une influence dans les années 30. En effet, il oppose, contre ses deux courants, la « communauté de travail » qui permettrait de rompre avec le pouvoir de l'argent développé par le capitalisme libéral mais aussi contre la lutte des classes.

 

Dans son livre « Capitalisme et communauté de travail » il écrivit en 1937 : « Pour ceux de notre génération, il n'y a de révolution que nationale ». Il rejette le corporatisme fasciste et se joint au début au gouvernement de Vichy, en intégrant notamment la commission chargée d'en élaborer la constitution avant de critiquer de plus en plus Pétain dans sa manière de gouverner. Il rejoint au final la ligne gaulliste. Alors que les débats font rages entre une démocratie parlementaire et le régime des partis, il trouve sa place au centre où il prévoit plutôt une démocratie organique, fondée sur les communautés locales et professionnelles.

 

Occulté par le courant Keynésien mais aussi par son parcours politique quelque peu singulier, François Perroux, par sa critique de la structure économique mondiale marginalisant un grand nombre de pays sous développés mais aussi en attaquant le système capitaliste qui n'est pas au service de tous les hommes, connu un succès et une grande popularité dans les pays du tiers monde. 

 

Le centriste

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